Bogdan Konopka

Bogdan Konopka est né en 1953 à Wroclaw en Pologne. Il suit une formation de photochimiste et exerce la photographie appliquée au sein du laboratoire de l’Université polytechnique. Il en démissionne suite aux pressions du régime, devient membre du courant Photographie élémentaire, s’en détache, fonde sa propre galerie, Post Scriptum, et participe aux actions artistiques de l’underground.
Il quitte la Pologne et s’installe en France en 1989 où il poursuit son travail commencé à Wroclaw sur le devenir des villes (Paris, Angers, Nantes, Cassel…). Il photographie leurs faces cachées, fragiles, pousse des portes, visite des arrière-cours, se perd dans des immeubles abandonnés. Ses pas le portent dans une sorte de quête à la découverte d’une ville invisible, qui semble vidée de ses habitants, comme si elle avait été frappée d’un exode irrémédiable.
Grand Prix européen de la photographie de la Ville de Vevey en 1998, il voyage pendant deux ans en Europe centrale. Ce travail intitulé Reconnaissances prend la forme d’une exposition et d’un portfolio. Depuis, son regard attentif et patient s’est porté sur les villes chinoises et leur architecture vernaculaire très menacée.
Représenté par la galerie Françoise Paviot à Paris, Box Galerie à Bruxelles et Glaz Gallery à Moscou, le travail de Bogdan Konopka est présent dans les collections publiques (Musée national d’Art moderne / Centre Georges Pompidou, Maison européenne de la photographie, Fonds national d’Art contemporain, Fonds régional d’Art contemporain Ile-de-France…) et privées.
Son œuvre suggère une beauté discrète, comme assourdie, qui requiert un regard attentif et rapproché. Travaillant systématiquement à la chambre, maîtrisant la totalité du processus photographique depuis la prise de vue, toujours unique, jusqu’au tirage par contact, Bogdan Konopka réalise des images de format minimal, à la tonalité difficile à cerner – entre le gris, le bronze et le sépia – qui jouent sur la limite de la visibilité tout en élaborant ce qu’on pourrait appeler des « mondes » au charme subtil et nostalgique, qui évoquent la préciosité des camées et des gravures à la manière noire.