danse & mémoire du Rwanda | Côté cour

Samedi détente
Tarif Grenat
du 7 au 9 apr 2015 / 19h
durée 1h
Théâtre La passerelle

Conception, texte, danse et voix Dorothée Munyaneza
Avec Dorothée Munyaneza, Nadia Beugré (danse), Alain Mahé (musique & improvisation)

Comment raconter l’indicible ?
Au Rwanda, Samedi Détente était une émission radiophonique immanquable qui diffusait des musiques venues d’ailleurs. Les auditeurs chantaient, dansaient, apprenaient les paroles par cœur pour la compétition de la meilleure performance du lundi suivant. Puis le 6 avril 1994 est arrivé et tout a basculé dans la tragédie…
Vingt ans plus tard, après avoir pris le temps de retrouver goût à la vie, Dorothée Munyaneza, talentueuse chanteuse-danseuse, revient sur les trois mois qui ont ensanglanté le Pays aux mille collines. Mêlant danse, chant, paroles et musique, elle entreprend de raconter l’exode, la marche, la soif, la faim, les coups de machette, le vide laissé par les morts, les cicatrices des vivants, l’abandon des pays occidentaux et voisins africains. Si le propos est, à l’image des « événements », difficile et douloureux, la distanciation et la dignité de Dorothée Munyaneza empêchent l’horreur et pourront même, parfois, amener le sourire aux lèvres des spectateurs, parce que les souvenirs sont ceux d’une enfant de 12 ans, parce qu’aujourd’hui la vie l’a emporté sur la mort.
Dans un décor extrêmement dépouillé – une table, une bâche – les mots, les corps et la musique empliront l’espace pour un nouveau Samedi Détente composé de sons d’archives, de musiques des années 90, de compositions originales et de nappes sonores d’Alain Mahé. Une place particulière sera également donnée au « mugondo », l’habit emblématique formé de multiples couches, le vêtement créateur, armure et cocon qui s’effeuillera pour révéler l’être, vibrant, vivant !
Un spectacle pour faire face à ce qui ne peut s’oublier et témoigner autrement, sans pathos, car comme le dit Dorothée Munyaneza « Je crois autant en l’humour que le ton tragique pour parler de ce drame ».

 

LA PRESSE EN PARLE

« Autour de Dorothée, la danseuse Nadia Beugré et le musicien Alain Mahé. Le décor est sobre : une grande voile qui balaie la scène. Sert d’écran aussi pour une danse des ombres. Samedi Détente cherche parfois son souffle, la danse pourrait être plus écrite. Ce n’est pas l’essentiel. Dorothée Munyaneza est au plus juste
dans sa présence au plateau. Et lorsque elle raconte le retour inespéré de sa mère le jour de son anniversaire, on a simplement envie de la serrer dans nos bras. Vingt ans après les faits tragiques, la danseuse et conteuse (re)prend la parole. Avec une dignité certaine. Il n’y aura plus de samedi détente, mais désormais un spectacle pour s’en souvenir. Dorothée Munyaneza en est la mémoire vive.
»
Les Echos

«La voix de Dorothée dit tout ce que l’enfant qu’elle était a vu, son corps dit sa peur, sa rage, sa douleur infinies. Sa partenaire Nadia Beugré joue la compagne d’infortune aussi bien que les tueurs, leur venue quais quotidienne assortie d’un terrifiant “ turaje !” (on arrive). La force du spectacle c’est aussi de transformer ce mot “ turaje ” ou le bruit de couperet d’une machette en pulsions rythmiques. (...)
Le spectacle est ainsi traversé de beaux moments gracieux, drôles parfois, physiques toujours. A l’heure du massacre possible, le corps se fait animal, il sent, ruse, change de peau ou les accumule, tous ces vêtements superposés commun à bien des exodes. Mieux encore que les mots, c’est le corps de Dorothée Munyaneza qui parle, debout sur une table, se livrant à une danse de convulsions dans un fracas de pas. La voix de Dorothée n’est jamais plaintive, elle dit l’horreur avec une infinie douceur, avec son corps cassé. Le bruit des pas amplifiés par un micro canalise la peur revenue d’entre les morts. Le spectacle avance ainsi dans une organisation volontairement chaotique et plurielle.»
L'Obs


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